Dans le journal télévisé VTM du 14 mai, le ministre flamand du Bien-être animal, Ben Weyts, s’est exprimé clairement sur la maltraitance animale : il s’agit d’un délit grave, et les récidivistes ne resteront plus impunis. Compte tenu des importantes annonces en provenance de France début mai (l’interdiction de la reproduction des dauphins et des orques actuellement en captivité, le renforcement de la réglementation concernant les animaux encore en captivité et l’interdiction d’importer de nouveaux animaux), nous lui avons adressé un courrier.
Londerzeel 19 mai 2017
M. Ben Weyts
Place Martelaars 7
1000 Bruxelles
Monsieur Weyts, Ministre
Merci pour votre prise de position claire concernant la maltraitance animale dans le VTM News du 14 mai. Votre message est fort : la maltraitance animale est un crime grave et les récidivistes ne resteront plus impunis. Nous attendons avec intérêt votre proposition au gouvernement visant à renforcer également cette norme au niveau judiciaire.
Qu’en est-il des autres formes de maltraitance animale ? Extrait de votre document de politique 2014/2019 du 28 octobre 2014 : « Dans notre société, la préoccupation concernant le traitement des animaux s’accroît, et à juste titre. Une société moderne, dotée de fortes valeurs morales, privilégie le traitement humain de tous les êtres vivants. »
Vous avez également reçu des nouvelles de France : l’élevage des dauphins et des orques actuellement en captivité est interdit. Des règles plus strictes ont également été édictées pour ces animaux : – Nager avec les dauphins est désormais interdit. – Aucun contact ne doit être autorisé entre les animaux et les spectateurs. – La taille de leurs bassins doit être agrandie. –…
L’interdiction de la reproduction signifie la fin à long terme de la détention de dauphins en France, l’importation de nouveaux animaux étant également interdite.
Les delphinariums font partie d’une industrie multimilliardaire qui exploite ces animaux au détriment de leur bien-être. Numéros de cirque, musique assourdissante, bassins exigus, contact physique avec les dauphins… Difficile de qualifier cela de traitement humain. La décision française confirme la prise de conscience croissante de ce problème. En réaction à l’interdiction française, vous réaffirmez votre opposition à la captivité des dauphins et des orques pour les contraindre à exécuter des tours. Or, c’est bien là la seule véritable fonction d’un delphinarium : un cirque avec des mammifères marins qui doit générer des profits.
Si la cruauté envers les animaux est un crime grave, quelle est la motivation qui pousse aujourd’hui à maintenir des mammifères marins en captivité ?
Un rôle pionnier. Face au manque de soutien du public et grâce à de nouvelles connaissances, plusieurs pays ont mis fin à la captivité des mammifères marins. Le Chili et le Costa Rica ont déjà interdit les spectacles de dauphins en 2005. En Europe, les delphinariums ont disparu en Autriche, à Chypre, en Irlande, en République tchèque, en Slovaquie, en Estonie, en Lettonie, en Hongrie, en Pologne, au Luxembourg, au Royaume-Uni, etc. Malheureusement, la Belgique est à la traîne. Pourtant, vous aspirez à être un pionnier en Flandre dans le domaine du bien-être animal et souhaitez mettre en œuvre une politique visible, active et cohérente.
Nous espérons que les récentes décisions prises par la France vous inspireront. Nous sommes en 2017 et le monde entier nous observe.
Cordialement,
Anne Van Ingelgem,
Directrice de Sea Shepherd Belgique
